12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 12:54


Claude DEBONS est Ancien responsable syndical national, co-animateur des campagnes des collectifs pour un Non de gauche au Traité constitutionnel européen, des collectifs du 29 mai, des collectifs pour une candidature unitaire antilibérale aux élections présidentielles.

Ça suffit comme ça ! Il faut un nouveau parti de gauche ! En quittant le PS et en appelant à la construction d'un nouveau parti et à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes, Marc Dolez et Jean Luc Mélenchon ouvrent une opportunité à ne pas manquer. Avec cette rupture survenue au sein de la principale force dominante à gauche, c'est la possibilité pour le nouveau parti de se construire au cœur de la gauche et non à ses marges. C'est décisif pour une alternative à vocation majoritaire et pour l'unité de la gauche de transformation.

Face à un Sarkozy toujours à l'offensive contre les conquêtes sociales et démocratiques, face à une crise du capitalisme aux effets désastreux pour les populations, nous avons besoin d'une gauche combative et résolue. L'heure n'est pas aux hésitations et aux tergiversations. Il faut saisir l'opportunité qui s'ouvre. C'est le sens de mon engagement.

Faire du neuf à gauche. Les résultats du vote des motions au Parti Socialiste en soulignent la nécessité. En effet, 80 % des voies se sont portées sur trois variantes de l'adaptation au néo-libéralisme caractérisées par leur faible opposition à la politique de démontage social de Sarkozy, par leur acceptation des orientations libérales du Traité de Lisbonne, par leur refus d'envisager une rupture avec les logiques qui ont conduit à la crise actuelle du système. Cela signe l'alignement sur les évolutions de la social-démocratie européenne, ses renoncements et ses impasses. Il faut ouvrir une autre voie.

Faire du neuf à gauche. La crise actuelle du capitalisme le rend indispensable. Celle-ci est un puissant révélateur des dangers que fait courir à l'humanité un système fondé sur la recherche du profit à n'importe quel prix. Et de la récession qui s'avance, l'histoire nous enseigne que tout peut survenir, le pire comme le meilleur. Tout de suite, il va falloir combattre la volonté de Sarkozy et des possédants de faire payer la facture au monde du travail et dévoiler la démagogie de ses propositions. Qu'on ne s'y trompe pas en effet : avec eux l'Etat n'est bon qu'à « socialiser » les pertes du capital, mais ils ne feront rien pour changer la répartition des richesses et réduire les inégalités. C'est un « bouclier social » et des mesures de ruptures avec les logiques financières et marchandes qu'il faut promouvoir.

Faire du neuf à gauche. En termes de programme, c'est l'occasion de refonder un projet de transformation et d'émancipation qui tire les leçons des échecs historiques et qui prenne à bras le corps les nouveaux défis : de la mondialisation capitaliste à la menace environnementale. Nous ne partons pas de rien ; nous nous inscrivons dans une longue histoire : l'héritage des Lumières et de la Révolution française, les combats républicains, les luttes du mouvement ouvrier et du socialisme historique, le programme du Conseil National de la Résistance... Et des figures emblématiques l'illustrent comme Jean Jaurès ou Rosa Luxembourg... Mais il nous faut aussi beaucoup inventer et nous enrichir des apports des mouvements sociaux, de l'altermondialisme, de l'écologie, du féminisme... C'est à un projet de « République sociale », de « démocratie jusqu'au bout » et de nouveau type de développement économique, social, environnemental qu'il faut travailler.

Faire du neuf à gauche. En termes de stratégie, tirons les leçons des différentes variantes d'union de la gauche. Quand ces constructions ont été sous domination social-libérale, elles ont conduit à des renoncements successifs et nourri les déceptions populaires. Combattre cette domination pour rendre majoritaires à gauche les orientations de rupture avec l'ordre libéral-capitaliste, sera nécessaire pour créer les conditions d'un rassemblement majoritaire et d'un gouvernement porteurs d'une politique de transformation ambitieuse. C'est dire l'articulation nécessaire de notre action politique avec les luttes sociales et la contre-offensive idéologique à mener contre le discours néo-libéral.

Une échéance à ne pas manquer.

Les élections européennes du printemps 2009 offrent l'occasion de bousculer le consensus libéral dominant. Le référendum du 29 mai 2005 l'a montré : il y a une majorité à gauche et dans le pays pour refuser les politiques libérales. Des forces sont disponibles dans le mouvement social pour s'engager dans une alternative. Ces élections seront les premiers travaux pratiques pour le nouveau parti et sa politique unitaire. Ce sera l'occasion de remettre en mouvement, sur des objectifs communs, toutes les énergies anti-libérales qui avaient permis la victoire au référendum du 29 mai 2005.

Maintenant.

Au moment où la question sociale revient au premier plan, l'attente grandit d'une politique qui y réponde réellement. L'aspiration se fait plus profonde à une gauche qui refuse de considérer le capitalisme comme un horizon indépassable et s'emploie à bouleverser la donne politique. En engageant maintenant la construction du nouveau parti de gauche, en travaillant à la constitution d'un front des forces de gauche pour les élections européennes, ensemble, nous allons relever ces défis.

Claude Debons

Publié par PG 45 - dans Vie du Parti : Appels et soutiens

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