Partager l'article ! Sous l'éteignoir, la braise: La drôle de campagne des européennes continue. Le discours de Sarkozy à Nîmes devait enfin la relancer. Il ...
Proposition de loi-cadre relative à la promotion de la
laïcité
Proposition de loi
garantissant le financement du droit à la retraite à 60 ans
Proposition de loi sur la planification écologique
Proposition de loi pour instaurer un bouclier social
La drôle de campagne des européennes continue. Le discours de Sarkozy à Nîmes devait enfin la relancer. Il n'en a rien été. Son effet sur le débat populaire a été nul. Pour le chef de la droite,
c'est un grand succès. Car ceci est délibéré. S'il voulait encourager la participation, il mettrait sur la table les désaccords qui se cachent en dessous. Pour «intéresser les Français», il y a
un moyen simple: exposer au peuple les divergences sur l'Union afin qu'ils les tranchent par son vote. Divergence sur Lisbonne. Divergence sur le Grand Marché Transatlantique. Divergence sur le
contenu des traités. Un beau débat, digne d'une démocratie adulte, non ?
Bien plus que le spectacle lamentable de dirigeants européens qui s'écharpent à chaque sommet mais affichent leur complicité dès qu'ils ont des comptes à rendre aux citoyens. Une élection n'est
pas l'occasion pour le peuple reconnaissant de manifester sa gratitude. C'est le moment où les citoyens exercent le pouvoir; c'est-à-dire décident entre des visions divergentes de l'intérêt
général. La démocratie implique la contradiction. Or dès qu'il est question de politique européenne, un consensus anesthésiant est de mise. PPE et PSE gouvernent ensemble l'Union, votent les
mêmes directives et défendent les mêmes traités. En France, Sarkozy reprend les mots de gauche et parle de changer l'Europe alors qu'il est l'auteur d'un traité qui reprend à 99% les textes
antérieurs. Les dirigeants socialistes rejouent la partition des «oui» compatible étrennée en 2005. Dans ces conditions les journalistes sont invités à «faire de la pédagogie» en expliquant aux
Français tout ce que l'Europe fait pour leur vie quotidienne. Ceci n'est pas neutre. Un récent papier du journal Le Monde vend la mèche. «La crise économique a redonné du poids à l'Union
européenne. Elle a éteint le débat sur l'Europe libérale.» On comprend donc que l'on parle si peu du Front de Gauche : nous sommes la braise qui peut tout rallumer.
François Delapierre
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