1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 12:22


Les élections européennes débuteront dans moins de dix jours (du 4 au 7 juin selon les pays). Elles concernent 375 millions d'électeurs potentiels.

Hors de France, quelle est la situation ?


LES DESILLUSIONS D' EUROBAROMETRE

Le dernier sondage Eurobaromètre date du mois d'avril. Cet institut est celui qui, pour la Commission européenne, opère "un suivi régulier de l'opinion publique dans les Etats membres". Il indique un taux d'abstention record.  Ainsi, 66 % des européens n'iraient pas voter.

Le taux de participation attendu oscille entre 20 et 30 % dans plusieurs pays : Autriche, Espagne, Hongrie, Italie, Grande-Bretagne, Pologne, Portugal, Slovaquie, République Tchèque.

Dans la fourchette 30-50 %, on trouve l'Allemagne, la Belgique ( pays où le vote est obligatoire), la Bulgarie , Chypre, le Danemark, la France, la Grèce, le Luxembourg (vote obligatoire), la Roumanie, les Pays-Bas, Malte, la Suède.

Cette enquête montre également un effritement significatif de la confiance dans les institutions européennes. Ainsi, le Parlement européen (PE) passe de 51 % à 45 % d'indice de confiance en six mois,  la Commission européenne de 47 % à 42 % et la Banque centrale européenne, de 48 % à 39 %.

Enfin, seulement 16 % des personnes sondées déclarent connaître... la date de l'élection.


BREF TOUR D'HORIZON EUROPEEN

Il existe un point commun dans les campagnes qui se déroulent actuellement : leur quasi inexistance et leur pauvreté.

La Suède fait exception.

Dans certains pays comme la Belgique ou la Grande Bretagne, la campagne est surdéterminée par les scandales politiques et de corruption. En Grande Bretagne, on attend un raz-de-marée des conservateurs de David Cameron. Les Tories et les Liberal Democrats (LD) disposeraient de 59 % des voix ( 34 % pour la formation de Cameron et 20 % pour le LD). David Cameron  fait payer, entre autres, très cher à Gordon Brown (le Parti travailliste dispose de 25 % des intentions de vote) sa décision de ne pas avoir organisé de référendum sur le traité de Lisbonne. Il propose l'organisation d'un référendum pour toute nouvelle législation adoptée au Parlement européen. Le Parti national britannique (extrême-droite) est crédité de 2 % des voix mais les instituts de sondage considèrent qu'il est sous évalué. Comme d'autres pays ( Allemagne, France, Italie, etc.), la Grande Bretagne connait une tendance lourde. Les partis traditionnels continuent, sur le strict plan électoral, à dominer la vie politique dans un contexte de développement de l'abstention.  Dans le même temps, ils se confrontent à l'émergence de nouvelles forces (à droite et à gauche) qui rongent leur électorat. Ainsi, travaillistes et conservateurs représentent 79 % des intentions de vote contre 87 % lors des dernières élections.

La Grèce et l'Irlande ( pays qui ont connu des chocs sociaux et politiques importants liés à la crise en 2008-2009) doivent être suivis de près. Un fort vote sanction contre les gouvernements (le gouvernement irlandais bénéficie du soutien de 10 % de la population) de ces pays devrait avoir lieu. En Irlande, la population votera en même temps (le 5 juin) pour les conseillers de comtés. Le parti au pouvoir, Fianna Fáil (centre-droit), est crédité de 21 % des intentions de vote. Fine Gael, l'autre formation de centre-droit, de 38 %. Le Labour Party,lui, connait une baisse continue avec  20 % des intentions de vote. Le Sinn Féin, activement engagé contre le traité de Lisbonne, obtient 9-10 % des intentions de vote.

En Allemagne, cette élection préfigure les législatives du 27 septembre. La participation devrait atteindre 35 ou 40 %. Le SPD (23 % des intentions de vote) de Martin Schulz tente, dans une campagne peu conflictuelle, de "gauchir" son discours. Il doit faire face à la CDU d'Angela Merkel (35 % des intentions de vote) mais aussi à l'ascension, à droite, du Parti libéral-démocrate (FDP) , et à gauche, de Die Linke (11 % des intentions de vote. Ce dernier fait campagne sur la revendication de remplacement du Pacte de stabilité et de croissance par un Pacte pour le développement durable, le plein-emploi, la sécurité sociale et la protection de l'environnement. Les Verts semblent stabiliser leur position (10-12 % des intentions de vote).

Au plan national, la nouveauté dans cette élection pourrait venir du fait que le parti conservateur historique bavarois , l'Union chrétienne-sociale (CSU), n'atteindra peut être pas les 5 % au niveau national. Dans ce cas, il ne disposerait pas de représentants au PE. Cela constituerait un tremblement de terre dans le système politique allemand. Cette évolution fait écho aux recompositions des droites dans plusieurs pays européens. Les formations conservatrices traditionnelles font face au développement des anciens partis d'appoint - ou de nouveaux petits partis -, souvent radicalisés et porteurs de thématiques nationalistes et/ou régionalistes et libérales/sécuritaires.

Dans ce pays (comme dans d'autres), la population est très critique sur l'Union européenne. Cette critique concerne la dimension sociale, mais aussi démocratique. Il existe une forte contestation contre la bureaucratie européenne et la concentration des pouvoirs dans l'UE.

En Italie, cette élection permet la première campagne du Parti du peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. Ce dernier, candidat pour son parti dans les cinq circonscriptions du pays, cherche à transformer le vote en plébiscite pour lui et ses alliés de la Ligue du Nord....Selon divers sondages, le PDL atteindrait  40 % des intentions de votes, la Lega Nord  9-10 %. Le Parti démocrate, quant à lui, plafonnerait autour de 25 %. De son côté, la gauche, divisée entre Rifondazione comunista et Sinistra e Libertà ( formation née à partir d'une scission de Rifondazione) obtiendrait environ 6 % des voix (chaque formation obtenant environ 3 %). Il faut noter la relative percée du parti Autonomia (affilié au mouvement Libertas  dont Philippe De Villiers est le représentant en France- 2,6 %).

En Suède, malgré une importante campagne médiatique pour rendre compréhensibles les enjeux européens et le rôle des institutions communautaires, l'absence d'intérêt de la population est le fait majeur de la campagne. Plus de 50 % de la population dit ne pas savoir pour qui voter ou affirme qu'elle ne se rendra pas aux urnes. Les sociaux-démocrates sont pointés à 30 % des intentions de vote ( 5 députés possibles). Les conservateurs ( Moderaterna) arrivent juste derrière avec 27-28 % (5 députés). Les trois autres partis de la coalition gouvernementale de droite (libéraux, centre, démocrates-chrétiens) sont respectivement crédités de 9 % (2 députés), 6 % ( 1 député) et 5 % ( 1 député). Les Verts disposeraient de 9 % des intentions de vote ( 2 députés) et le Parti de Gauche de 6 % ( 1 député - un de moins qu'en 2004-).

La surprise de cette campagne provient de l'émergence d'un parti non parlementaire, le Pirate Party. Crédité de 5 % des votes, il a été créé suite au procès lancé contre le site internet de téléchargement gratuit The Pirate Bay.

Pour leur part, The Socialist Party and The Socialist Justice Party ont créé « l'initiative des travailleurs » sur le modèle du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Ses intentions de vote sont insignifiantes.

En Espagne, le débat est quasi inexistant et, de l'avis de tous, très pauvre. Le Parti populaire (droite), confronté à des scandales de corruption, essaie de redorer son blason. Il est crédité d'envron 45 % des intentions de vote. De son côté, le Parti socialiste au pouvoir (PSOE) est pointé à environ 40 %. La gauche est divisée et fragmentée en de multiples formations et initiatives. La liste de Izquierda Unida (formation membre du groupe Gauche unitaire européenne au PE) est conduite par l'eurodéputé Willy Meyer, personnalité assez connue dans le pays. Elle peut espérer un ou deux eurodéputés avec environ 5 % des intentions de vote. Deux autres listes concourent : la Izquierda anticapitalista (Gauche anticapitaliste) et la Iniciativa internacionalista ( Initiative internationaliste) dont les intentions de vote sont très faibles.

Une première conclusion s'impose. Quels que soient les résultats définitifs de ces élections, une tendance s'affirme dramatiquement pour les partis membres du Parti socialiste européen (PSE). Leur alignement sur une orientation démocrate et social-libérale les conduit au déclin électoral.

En France, le dernier sondage disponible le confirme. Réalisé pour Le Monde le 1er juin, il indique que le Parti socialiste plafonne à 20 % des intentions de vote.



Ce travail ne prétend pas à l’exhaustivité arithmétique et thématique. De plus, il s’appuie sur des sondages qui, par nature, ne doivent pas nous conduire à des analyses définitives. L’analyse politique de ces élections ne pourra réellement avoir lieu qu’une fois les véritables résultats connus.

Cette contribution se propose d’offrir un premier panorama des tendances à l’œuvre.  Elle s’appuie sur l’étude de divers journaux de la presse écrite européenne,

le site Rue89 :
http://www.rue89.com/europeennes/2009/05/10/en-images-ces-debats-qui-agitent-leurope-en-campagne-13
et
http://www.rue89.com/europeennes/2009/05/25/en-images-ces-debats-qui-agitent-leurope-en-campagne-23

les travaux de la Fondation Robert Schuman :
http://www.robert-schuman.org/

et le site d’Eurobaromètre :
http://ec.europa.eu/public_opinion/index_fr.htm

Des entretiens réalisés avec des militants politiques engagés dans la campagne européenne dans plusieurs pays ont permis de l’enricihir.

Publié par PG 45 - dans Campagne 2009 - Européennes

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