18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 22:54
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L'accélération de la crise politique que traduit l'abstention (voir article au recto) se matérialise également dans les résultats et les rapports de force politiques qui en découlent. Pour mesurer l'ampleur du phénomène, il faut non seulement comparer les résultats du vote du 14 mars à ceux des européennes d'il y a 9 mois, mais aussi remonter jusqu'à l'élection présidentielle de 2007 qui a ouvert le cycle politique actuel. Un cycle dans lequel le 1er tour de ces élections régionales marque un tournant à de multiples titres.

Un pouvoir de droite sans électeurs

Après l'échec cuisant de l'UMP aux européennes, la droite ne pensait pas pouvoir faire pire et avait même commencé sa campagne à l'automne en prétendant reconquérir des régions. Or le décrochage de l'électorat de l'UMP s'est encore aggravé par rapport aux élections européennes, alors même que la participation a été sensiblement plus importante. Avec 5 millions de voix, les 26 % de l'UMP correspondent à peine à 11,5 % des électeurs inscrits ! Jamais sous la 5ème République un pouvoir ne s'était retrouvé à mi-mandat avec une base électorale, et donc une légitimité démocratique, aussi faible. Par rapport au second tour de la présidentielle de 2007 où Nicolas Sarkozy avait rassemblé 19 millions d'électeurs (11,5 millions au 1er tour), l'UMP en a perdu les trois quarts et se trouve sans véritable réserve de voix pour aborder le 2nd tour. Moins de 3 ans après l'élection de Nicolas Sarkozy, l'UMP réalise un score encore plus mauvais que celui du 1er tour des régionales de 2004, où la majorité de droite avait totalisé 6,4 millions de voix, après 9 ans de pouvoir de Chirac.

Le retour du FN

Avec près de 12 % des voix, le Front national est en mesure de se maintenir au second tour dans 12 régions sur 22. Il double son nombre de voix par rapport aux élections européennes, passant de 1,1 millions de suffrages à 2,2 millions. Mais il n'a pas retrouvé son score de la présidentielle de 2007 où Le Pen avait rassemblé 3,8 millions de voix. Dans la plupart des endroits où elle a lieu (en particulier en Provence Alpes Côte d'Azur et Nord Pas de Calais), la percée du vote FN est directement corrélée à l'effondrement du vote UMP. Cela signifie que ce sont très majoritairement des électeurs de droite qui glissent vers le FN et non pas principalement des électeurs ouvriers de gauche comme on l'entend parfois y compris à gauche. Ainsi dans le Nord Pas de Calais, le Front de gauche progresse tout comme le FN. Cela montre cependant qu'une course de vitesse est à nouveau engagée entre la gauche et le FN.

Le Modem éliminé

En dépit de la visibilité médiatique démesurée dont il a bénéficié, le Modem s'écroule et ne parvient à franchir la barre des 5 % que dans 4 régions. Dans la plupart des régions, le Front de Gauche réussit son pari de battre le Modem, alors qu'aux européennes nous étions devancés au niveau national. Bayrou perd ainsi près de la moitié de ses électeurs des européennes et 90 % de ses électeurs de la présidentielle de 2007.

La gauche à un niveau historique

A gauche, seuls le PS et le Front de Gauche progressent en voix par rapport aux européennes, permettant à la gauche de dépasser les 53 % de suffrages exprimés au 1er tour, toutes listes de gauche confondues. Même s'il double son nombre de voix par rapport aux européennes où il avait enregistré une lourde défaite, le PS est très loin de retrouver son niveau du 1er tour de la présidentielle de 2007 (9,5 millions de voix contre 5,6 millions le 14 mars). Europe Ecologie ne parvient pas à consolider son électorat des européennes et perd près d'un demi million de voix. Quant au NPA, il perd la moitié de ses électeurs des européennes (passant de 840 000 voix à 467 000 voix). En Ile de France, la candidature d'Olivier Besancenot ne parvient même pas, avec 3,1 %, à égaler le score du candidat NPA aux européennes, qui était pourtant inconnu et avait réalisé 3,5 %. Par rapport à la présidentielle de 2007, la chute est encore plus marquée puisque le NPA a perdu au niveau national les 2/3 des électeurs de Besancenot de 2007.

Le Front de Gauche conforté

Le Front de Gauche est la seule force politique en progression constante et solide dans le tourbillon de la crise politique. A la différence du PS, d'Europe écologie ou du NPA, il résiste en effet à la volatilité électorale que subissent désormais toutes les forces politiques. Ce vote montre l'existence d'un socle politique conscient et déterminé qui est un point d'appui déterminant pour la suite. Le 14 mars le Front de Gauche a ainsi engrangé 115 000 voix de plus qu'aux européennes. Par rapport au résultat du PCF à la présidentielle de 2007, ce sont 450 000 électeurs de plus, soit une progression de 60 %. Dans les 17 régions où elles étaient présentes, les listes du Front de Gauche ont recueilli près de 7 % des voix (6,94 %), soit une progression de près d'un point par rapport aux élections européennes. Une réalité que les médias ont tenté d'occulter, en rapportant sur 22 régions le score du Front de Gauche, ce qui n'a pas de sens, mais leur permet de le minorer artificiellement. Dans 4 régions, le Front de Gauche dépasse même les 10 % (14 % en Auvergne, 13 % dans le Limousin, 10,8 dans le Nord Pas de Calais et 10 % en Corse) et s'affirme comme la 2ème force politique à gauche. Dans 14 régions sur 17, les listes du Front de Gauche dépassent les 5 % nécessaires pour fusionner et remporter des élus au second tour.
Publié par PG 45 - dans Campagne 2010 - Régionales

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