4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 19:29

20110723_mer_vague.jpgCrédit photo photosdegauche.fr (Michel Soudais)

Grâce à ses Outremers, la France est le seul pays au monde à être présent sur cinq continents et dans tous les océans du globe. Notre pays dispose du 2ème domaine maritime mondial, avec 11 millions de kilomètres carrés, et le 1er domaine maritime au monde pour sa biodiversité. Cette présence donne à la République française une responsabilité particulière dans la découverte des océans, la protection de l’écosystème marin et le bon usage des ressources de la mer. La Terre, planète bleue, est la seule du système solaire à être habitable, justement en raison de la présence massive de l’eau à sa surface. Ce sont les 70% de sa superficie qui sont recouverts d’eau qui permettent la vie humaine.

L’humanité devrait donc faire de la mer un des enjeux scientifiques majeurs. Elle est pourtant l’objet de recherches largement insuffisantes. Inconnue, la mer l’est encore très largement, alors même qu’elle fut le lieu des plus grandes découvertes et aventures humaines. Ouvrir la mer à l’humanité ne veut pas dire la conquérir. Il ne s’agit pas d’aller au fond de la mer, de planter un drapeau et de dire « Nous avons gagné la course à l’abîme ». Il s’agit d’apprendre, de connaître pour mieux préserver et utiliser les ressources marines, pour le bien vivre humain. Des décisions concrètes sont nécessaires : augmenter les moyens publics alloués à la recherche, construire la première station permanente d’observation sous-marine ou encore renforcer la place des questions marines et maritimes dans les programmes scolaires.

Alors même qu’elle n’a pas révélé l’ensemble de ses secrets, la mer subit déjà de plein fouet le dérèglement climatique provoqué par l’activité humaine : réchauffement entraînant la fonte des glaciers, acidification réduisant la biodiversité, hausse généralisée de son niveau…

La mer est la victime du productivisme et du capitalisme : urbanisation sans contrôle des littoraux, pollutions, pêche intensive, course à l’extraction des minerais, pétrole et gaz off-shore etc. L’écosystème marin est saccagé par les capitalistes à la recherche de nouvelles sources de profits.

Aucune mesure n’est prise pour répondre à l’enjeu que représente une pollution qui prend des formes parfois dramatiques, comme lors des marées noires. Pire ! Alors que les forages offshore ont démontré leur dangerosité lors de la catastrophe du Golfe du Mexique, le gouvernement Ayrault, dès sa prise de fonction, a confirmé l’autorisation faite à Total de poursuivre des forage au large de la Guyane. Au prix du limogeage d’une ministre de l’environnement. Avant d’en sacrifier une seconde sur l’autel des gaz de schiste.

Loin d’être le bien public qu’elle devrait être, la mer est devenue un nouveau terrain de jeu pour les capitalistes et les intérêts privés. Et dans ce domaine aussi, l’austérité budgétaire réduit les investissements publics aux profits des intérêts particuliers des financeurs privés : privatisation du port du Pirée en Grèce, baisse du budget mer en France…

Le Parti de Gauche propose au peuple français et aux peuples européens un projet écosocialiste pour la mer. Notre écosocialisme n’est pas qu’une vague ambition. Il est un projet concret, appuyé sur la planification écologique. Il a pour objectif la préservation de l’écosystème humain, la relance de l’activité humaine et la création de millions d’emplois socialement et écologiquement utiles. Attardons nous sur deux secteurs clefs parmi d’autres : les transports et les énergies marines renouvelables.

Il faut en finir avec le libre-échange absolu. Cette idéologie conduit à des aberrations sociales et écologiques avec comme finalité unique l’enrichissement de l’oligarchie financière. La mise en place d’un protectionnisme solidaire permettra de relocaliser les industries et donc de limiter les transports de marchandises sur la planète. Nous pourrons ainsi transporter moins, mais des échanges continueront d’avoir lieu et nous devons donc également transporter mieux. Il convient de garantir des normes sociales et écologiques élevées dans le secteur du transport maritime. Nous pourrons ainsi interdire les pavillons de complaisance dans les eaux territoriales françaises, favoriser l’intermodalité avec le fret ferroviaire, mais aussi développer l’usage des navires propulsés au gaz naturel liquéfié.

Le développement des ports est également un levier que la puissance publique peut utiliser pour atteindre ces objectifs. Les ports français voient leur importance diminuer par rapport aux grands ports européens. Entre un tiers et la moitié des conteneurs à destination de la France transitent par un port étranger. Ce recul a donc d’importantes conséquences écologiques, les marchandises étant transportées jusqu’à nos frontières par la route. Les ports doivent redevenir des instruments publics d’un aménagement du territoire concerté et équilibré.

De même, le développement des énergies renouvelables est indispensable pour organiser la nécessaire transition énergétique. La mer recèle un énorme potentiel dans ce secteur. Les éoliennes offshores qui permettent de s’affranchir des freins habituels liés aux nuisances sonores, visuelles et de voisinage produisent 4 gigawatts dans le monde, soit l’équivalent de quatre réacteurs nucléaires. Mais les énergies renouvelables marines ne se limitent pas aux éoliennes. Elles sont multiples : hydroliennes, la France dispose de la deuxième ressource européenne ; énergie marémotrice, développée en France dans le cadre de la planification étatique ; énergie houlomotrice (énergie mécanique), c’est-à-dire l’énergie des vagues ; énergie thermique qui exploite la différence de température entre les eaux de surface et les eaux profondes ; et bien sûr, les algocarburants, issus des micro-algues marines.

Les énergies marines seront décisives pour tenir l’objectif de 23 % d’énergie renouvelables en 2020. Mais, elles ne sont pas sans conséquence sur l’environnement et leur déploiement doit être raisonné. Leur développement a un impact sur le trafic maritime et les zones de pêche et la question du raccordement au réseau terrestre est trop souvent négligée.

Ces exemples illustrent les potentiels que recèlent les espaces maritimes. Pour garantir leur bon usage, dans ce domaine, comme dans les autres, notre méthode est la révolution citoyenne. Pour réussir ce formidable défi, nous aurons besoin de tous les travailleurs et amoureux de la mer, des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs, des chercheurs, des organisations écologistes, syndicales…

En avant ! Cap au large !

Publié par Bastien Lachaud , Matthias Tavel - dans Ecologie - Energie - Planification écologique

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