1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 05:00

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Jean-Marie Le Pen vient d'obtenir, le 24 avril 1988, son plus haut score au premier tour d'une élection présidentielle : 14,4%. Mitterrand obtient lui 34,1%, Chirac : 20% et Barre16,5%. La Droite et l'extrême-droite représentant un total supérieur à 50%, Le Pen qui souhaite apparaître comme l'arbitre potentiel entre Mitterrand et Chirac, décide de mettre en scène sa consigne de vote du second tour.

 

Pour le Front National qui cherche à organiser un événement médiatique pour marquer les esprits, la figure de Jeanne d'Arc s'impose. Depuis la fin du XIXème siècle, l'extrême droite se démène pour faire de la Pucelle un modèle de nationalisme. Canonisée en 1920 par l'Eglise, Jeanne d'Arc fait la même année l'objet d'une fête nationale imposée par Barrès et l'Action française. Sous le régime de Vichy, elle sera utilisée dans la propagande anti-anglaise.

 

Or Jeanne d'Arc est traditionnellement célébrée le deuxième dimanche de mai (libération d'Orléans) ou le dernier dimanche de mai (sainte Jeanne d'Arc). Des dates trop tardives pour Le Pen car le second tour a lieu le dimanche 8 mai 1988. Le FN se rabat alors sur le seul dimanche disponible entre les deux tours qui tombe un 1er mai. C'est une excellente occasion pour concurrencer les cortèges des travailleurs mobilisés pour faire gagner la Gauche aux présidentielles. Les médias relayent le meeting du jardin des Tuileries où le Pen, entouré de militants grimés en mineurs, donne sa consigne de vote : « Non ! Non ! Non ! Pas une voix pour François Mitterrand ! »

 

En renouvelant l'opération chaque 1er mai, le Front National s'offre une tribune garantie dans les reportages télévisés qui relatent les cortèges syndicaux presque à égalité avec ce rassemblement d'extrême droite. Ce n'est pas tant Jeanne d'Arc que la fête des travailleurs qui est ainsi galvaudée : l'étranger bouté hors de France du temps de Jeanne d'Arc ne serait plus l'envahisseur anglais mais l'envahisseur « immigré » qui met au chômage les travailleurs français. D'ailleurs, c'est un autre 1er mai d'entre-deux tours présidentielle qui a marqué les esprits : celui de 1995. Ce jour là Brahim Bouarram, trouve la mort noyé après avoir été poussé dans la Seine par trois skinheads qui avaient quitté le cortège du FN.

Publié par PG 45 - dans Education populaire - Conférences

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