9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 10:53

Marie AGAMIl y a « modèle » et « modèle ». Dans l’échelle des modèles à promouvoir, certains sont érigés en normes comme le système financier dérégulé quand d’autres sont relativisés pour des raisons d’ordre culturel et maintenus dans d’étroites limites.

Or ce modèle social et tout particulièrement le modèle français dont se glorifient nos dirigeants, est celui qu’ils ne cessent de vouloir démanteler, démembrer. Ce système de protection sociale a été gagné contre ceux qui, alors déjà comme ceux d’aujourd’hui, brandissaient l’argument économique et avec les mêmes arguments, proclamaient que l’économie ne le supporterait pas.

Ainsi il y a des modèles bons pour nous, mais que l’on ne cesse de saper, et mauvais pour d’autres au motif qu’ils ne sont pas prêts !

Comparons ce raisonnement avec celui qui est appliqué au système budgétaire et financier anglo-saxon. Dans ce domaine aucun doute sur la nécessité de le mondialiser y compris contre l’avis des peuples, aucun atermoiement quant aux prudences qu’il faudrait avoir pour tenir compte des réalités locales (corruption, fraude fiscale, dictatures, conflits d’intérêts, etc.). On n’utilise pas le vocable de modèle mais de système, voire de « norme ». La norme a été instituée comme une évidence, une loi naturelle que l’on ne saurait mettre en cause sans s’attirer les foudres des nouveaux dieux les « Marchés ». Ceux-là mêmes qui nous plongent régulièrement dans les crises depuis 30 ans (Joseph Stiglitz, dans son rapport pour l’ONU, en a dénombré  plus de 100 en 30 ans et aucune avant la dérégulation depuis 1929 !)  et dont nous ne cessons de payer l’incurie en Irlande, en Islande, en Grèce, au Portugal ou en Espagne pour ne parler que de l’Europe (européocentrisme bien sûr !).

Et bien cela est faux. Il s’agit au contraire d’un modèle, d’une démarche volontaire, d’un processus réfléchi qui percute le modèle social européen auquel nous tenons. Le modèle irlandais était au cœur du système banquier et financier anglo-saxon, libéral et dérégulé. Ces modèles là ont une vocation naturelle à être étendus à toutes les économies car ils ont le bon goût de coller à l’idéologie dominante de l’autorégulation qui ne se prête guère aux contrôles intrusifs. C’est un modèle qui instaure la précarité (la flexibilité disent-ils), le chômage (un chômeur sans ressources fait rarement la révolution), la concurrence entre peuples (l’attractivité du territoire), la réduction des dépenses publiques (la modernisation de l’Etat ou la bonne gouvernance). Le dumping social oui, la protection sociale non !

Or nous avons l’ambition d’étendre ce modèle à la terre entière parce que les peuples partout ont les mêmes aspirations à vivre dignement des fruits de leur travail, sans recourir au travail des enfants et en garantissant des jours paisibles à leurs aînés après des années de travail. Nous sommes les héritiers d’une tradition sociale portée par l’OIT et non pas les partisans d’une idéologie portée par le FMI.

Publié par PG 45 - dans Billets d'humeur

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