18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 22:52

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Le premier tour des régionales vient de faire sortir le pays de la trajectoire politique ouverte par l'élection présidentielle de 2007. En trois ans seulement, la participation record est devenue abstention record. La nette victoire de Sarkozy a laissé place à une désaffection historique de ses électeurs. Le surgissement du Modem s'est transformé en effondrement. Et alors que la candidate PS de 2007 cherchait l'alliance avec le Modem, les clins d'œil aux « démocrates » ont disparu des propos d'Aubry et Cohn-Bendit dès la soirée électorale de dimanche.


La nouvelle période qui s'ouvre est d'abord marquée par le retour au premier plan de la crise politique. L'assise du pouvoir est plus faible que jamais. Le rejet de sa politique s'exprime en premier lieu par l'abstention. Le vote vient seulement en second. On sait au terme de la campagne combien le vote PS a été majoritairement un vote par défaut. Le doute sur la capacité de la gauche, spécifiquement celle du PS, à gouverner autrement n'est pas réglé. Enfin, le succès du PS est aussi un contre-pied. Car ce n'est pas l'alliance prévue avec le Modem qui se réalise. C'est le retour à l'union de la gauche que ce parti décrétait dépassée. D'ailleurs c'est seulement en provoquant une triangulaire lamentable dans le Limousin que le PS qui lorgnait vers le Modem évite de se retrouver allié avec... le NPA !


Ce nouveau cycle est aussi caractérisé par une nouvelle géographie à gauche. Europe Ecologie est à la croisée des chemins. Elle n'est passée devant le PS dans aucune région. La voie de la recomposition au centre lui semble coupée. Reste son statut de deuxième force à gauche. Que va-t-elle en faire ? Une alliance privilégiée avec le PS, troquantla renonciation à un candidat à la présidentielle contre un petit volant de députés élus avec son appui ? Le recul électoral enregistré dimanche conduit de nombreux responsables Verts ou Europe Ecologie à prôner la revente rapide d'une récole électorale qui pourrait s'avérer périssable. Mais le débat est ouvert dans cet espace politique dont l'hétérogénéité s'est accrue depuis les européennes au lieu de se réduire.


Enfin, le Front de Gauche s'enracine. Nous sommes les seuls à avoir progressé en voix tout au long du cycle qui s'achève. Nous entrons donc dans le suivant en dynamique ascendante. L'adhésion est bien présente, souvent au-delà de nos électeurs. Reste à conquérir la crédibilité électorale. Celle qui nous donnerait aux yeux du plus grand nombre le statut d'un « vote utile ». C'est le déclic qui a manqué dans l'élection pour transformer notre progression en une poussée qui nous aurait permis de passer en tête. Il faut dire que nous avions la difficulté d'affronter des sortants de gauche. Europe Ecologie n'y a pas résisté alors que le Front de Gauche a tenu bon. Pour autant, le Front de Gauche n'est pas encore suffisamment fort pour se permettre des faiblesses. Ainsi chaque division du PCF a coûté cher, en Picardie, en Seine-Saint-Denis, en Pays-de-Loire... Ainsi chaque fois que nous sommes peu implantés, nous sommes emportés par le laminoir du « vote utile ».


De tout cela il faudra faire un bilan précis et détaillé. L'harassement de l'entre-deux tours ne nous en laisse pas le loisir. Le premier tour ne s'est finalement terminé que mardi dernier à 18h ! Il aura fallu batailler ferme pour obtenir que le PS respecte le vote des électeurs. Nous n'avons pas présenté des listes autonomes pour nous soumettre au « vainqueur ». Pas de rapports féodaux à gauche ! Le PG ne connaît qu'un seul maître, le suffrage universel. Lorsque nous fusionnons avec la liste de gauche arrivée en tête au premier tour, nous le respectons. Nous ne nous soumettons à personne. Nous exigeons donc que le PS respecte le vote des électeurs qui ont fixé notre poids dans la gauche rassemblée. Cette fermeté a payé puisque la fusion proportionnelle a été effective presque partout. A quelques tristes exceptions. En Picardie, le président sortant a instrumentalisé les oppositions entre communistes pro-Hue, pro-Gremetz et pro-Buffet pour nous éliminer du second tour. En Limousin, le PS provoque une triangulaire. Fort heureusement, la droite ne peut l'emporter et les électeurs de gauche pourront voter sans réserve pour la liste Front de Gauche-NPA. Ailleurs nous soutiendrons les listes de la gauche rassemblée afin de terminer le travail si bien commencé au premier tour, qui permet d'espérer que dimanche prochain un vote de gauche unitaire et sans ambigüité balaye la droite dans tout le pays.

Publié par François Delapierre - dans Campagne 2010 - Régionales

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