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Proposition de loi-cadre relative à la promotion de la
laïcité
Proposition de loi
garantissant le financement du droit à la retraite à 60 ans
Proposition de loi sur la planification écologique
Proposition de loi pour instaurer un bouclier social
A l'occasion de son discours à Poligny dans le Jura, le Président de la République a reconnu que la crise vécue par les agriculteurs est une crise structurelle liée à l'insuffisance et à la
fluctuation des prix agricoles, qui révèle « les défauts de la régulation européenne et mondiale et de la répartition de la valeur ajoutée dans les filières ». Condamnant l' « idée
folle » de la libéralisation, il s'est présenté comme l'apôtre d' « une régulation rénovée de l'agriculture et de l'agro-alimentaire en Europe ».
Mais pas un mot n'est prononcé sur le fait que cette crise est la conséquence directe des mesures de libéralisation de l'agriculture européenne (démantèlement des droits de douane, des mécanismes
publics d'intervention et des outils de maîtrise des productions) impulsées par l'Union Européenne en totale cohérence avec les marchandages de l'OMC et le Traité de Lisbonne et avec la pleine
complicité du gouvernement du même Sarkozy.
De fait, si les mesures d'urgence annoncées devraient permettre d'alléger momentanément la crise du monde agricole et si certaines mesures peuvent aller dans le bon sens, Sarkozy entérine
en réalité le démantèlement de la PAC et la libéralisation du secteur agricole. Ainsi, affirme-t-il que les « combats anciens et d'arrière garde » ou les « retours en arrière
démagogiques » sont voués à l'échec, tout comme il fait l'éloge de la « compétitivité » et laisse entendre que la contractualisation au sein des filières ou les systèmes
d'assurance privés remplaceront les politiques publiques de soutien aux prix agricoles.
Pour le Parti de gauche, enrayer la crise agricole exige :
- de stopper la concentration de la production et la diminution des emplois agricoles,
- d'engager, en réponse notamment à l'urgence écologique, une révolution des modes de production agricole, une relocalisation des productions, l'application du principe de souveraineté
alimentaire et la reconquête de l'indépendance protéïque de l'Europe
- de mettre fin au dumping de l'Europe sur les marchés des pays du Sud qui contribue à la ruine de plusieurs millions de paysans
De fait, Sarkozy ne fait aucune mention de ces objectifs majeurs qui impliqueraient notamment une rupture avec le processus de libéralisation en cours et une réorientation et un renforcement des
outils d'intervention sur le foncier.
L'évolution actuelle de l'agriculture française mène à la disparition de la grande majorité des paysans, à l'organisation de l'agriculture autour de quelques dizaines de milliers d'exploitations
destinées à être compétitives sur le marché mondial et aux pratiques intensives désastreuses. Elle contribue au final à l'impasse écologique de la planète. Evidemment, ce n'est pas ce modèle que
souhaite faire évoluer le Président Sarkozy. Et ses déclarations finales aux relents pétainistes sur le « lien charnel des Français à la Terre (qui) fait partie de l'identité
nationale », ne sauraient faire oublier la fuite en avant dans la libéralisation de l'agriculture.
Laurent LEVARD
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