2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 16:06

Les pays occidentaux comme les Etats-Unis, la France ou la Grande-Bretagne notamment, sont intervenus militairement à plusieurs reprises ces dernières années au Moyen-Orient, au nom d’un risque terroriste ou en arguant de la défense des droits de l’homme, voire de celle des droits des femmes. Le résultat est toujours le même : Afghanistan, Somalie, Libye, Irak : ces États sont durablement déstabilisés voire quasiment détruits, la condition des femmes non seulement ne s’est pas améliorée mais elle s’est dégradée encore plus et le danger djihadiste s’est étendu. Les fameuses frappes chirurgicales provoquent toujours des victimes civiles qui entraînent le rejet de l’intervention par les populations qu’elles étaient censées sauver et leur radicalisation contre les pays intervenant. Ces bombardements ne font que déplacer le problème, les groupes armés n’attendant pas passivement de se faire écraser sous les bombes, et ne fait qu’unifier les divers groupes précédemment concurrents.

C’est ce qui est en train de se passer en Syrie. La responsabilité des gouvernements occidentaux dans la montée de ces groupes est écrasante non seulement par les interventions militaires à courte vue mais aussi par leurs alliances avec les monarchies obscurantistes du Golfe (Arabie Saoudite, Koweït, Qatar…) et le soutien à la frange islamiste de l’opposition syrienne. Les mêmes pays occidentaux, dont la France droite et PS confondus, qui appellent à lutter contre l’islamisme radical, soutiennent des gouvernements qui pratiquent la peine de mort par décapitation et financent des groupes djihadistes. La situation irakienne est le produit de cet aveuglement religieux qui exclut de l’exercice du pouvoir des populations dont le tort est d’avoir une autre conception de l’islam ou une autre religion.

Après avoir cautionné une telle situation durant des années, F. Hollande par sa précipitation à s’engager derrière les États-Unis, qui plus est sans vote du Parlement, dans une coalition sans légitimité internationale, devient le président français le plus belliciste et le plus atlantiste de la 5ème République. Une telle intervention militaire ne peut que provoquer un peu plus de chaos dans la zone. D’autant que cette grande coalition anti Daesh cultive les ambiguïtés : la Turquie refuse la livraison d’armements permettant aux kurdes de résister et ferme les yeux sur le trafic de pétrole qui finance Daesh ; les états réactionnaires du Golfe ne veulent pas voir leur pouvoir mis en cause et le rapport de force entre pays sunnites et chiites être modifié dans la région.

La solution passe au contraire par le soutien aux forces qui refusent l’obscurantisme en arrêtant avec la bienveillance intéressée envers les investissements et les pétrodollars des monarchies du golfe. Dans ces conditions, si nous sommes horrifiés par la décapitation de notre compatriote Hervé Gourdel, nous ne sommes pas décidés à nous rallier à une pseudo unité nationale dont l’objectif est d’une part de faire oublier les responsabilités des uns et des autres dans cette situation et d’autre part d’occulter la situation sociale du pays. La France étant en guerre, il faudrait se taire et approuver au passage la nouvelle loi antiterroriste. Il n’est en pas question. Le meilleur rempart contre les défis du terrorisme c’est le débat et la défense des libertés.

Publié par Martine Billard - SNecrétaire Nationale du Parti de Gauche - dans Défense

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